Auteur : Park Min Ji
Organisation : Département de psychiatrie, Université McGill, Canada
Date : 2024
Citation : Ji, P. M. (2024). Influence of seasonal affective disorder on immigrant populations. Psychology & Psychiatry, 8, 240.
Contexte
Les hivers canadiens sont souvent froids et rigoureux. L'année 2026 a particulièrement été marquée par le froid et la neige. En raison de ces conditions, les personnes vivant au Canada sont très susceptibles de développer le trouble affectif saisonnier (TAS). Le principal facteur environnemental contribuant au développement du TAS est la diminution de l'exposition à la lumière naturelle. Pour les nouveaux immigrants au Canada, qui peuvent déjà faire face à divers facteurs de stress liés à la migration, les longs hivers sombres peuvent accroître leur vulnérabilité aux problèmes de santé mentale. Cependant, les recherches sur la manifestation, les impacts et les résultats du TAS au sein des populations de nouveaux arrivants demeurent très limitées.
Pour les personnes offrant des services directs aux nouveaux arrivants, il est important de comprendre que, pour ceux qui n'ont pas encore vécu dans des climats froids, leurs connaissances personnelles sur ce trouble, leur compréhension de leurs symptômes, leur volonté de chercher de l'aide et leur façon de préférer gérer ces difficultés seront toujours façonnées par leurs perspectives culturelles uniques en matière de santé mentale. Ce bref résumé d'article donne un aperçu du TAS dans les populations migrantes.
Points essentiels
- Le risque de TAS chez les immigrants varie selon la situation géographique, le pays d'origine et le degré d'adaptation culturelle.
- Les normes culturelles influencent la façon dont la dépression est comprise et exprimée, ce qui peut contribuer à une sous-déclaration des cas.
- L'isolement social après la migration, particulièrement durant l'hiver, peut accroître la vulnérabilité au TAS.
- Les barrières linguistiques, la discrimination et le stress économique peuvent affaiblir les soutiens sociaux protecteurs.
- Les immigrants ont souvent recours à des stratégies d'adaptation informelles qui ne tiennent pas nécessairement compte des aspects cliniques du TAS.
- Des obstacles tels que la méconnaissance du système de santé et l'accès limité aux services réduisent le recours aux soins en santé mentale.
- La prise en charge du TAS nécessite des services culturellement appropriés, un soutien social renforcé et des mesures de santé publique ciblant les facteurs de stress environnementaux.
Prévalence du trouble affectif saisonnier
Les taux de TAS chez les immigrants dépendent de divers facteurs interdépendants, notamment la latitude géographique, les différences climatiques entre le pays d'origine et le pays d'accueil, ainsi que le degré d'adaptation culturelle après la migration. De plus, les facteurs culturels et socioéconomiques influencent également la façon dont les symptômes sont compris et signalés.
Les facteurs environnementaux jouent également un rôle clé dans la prévalence du TAS. L'exposition aux longs hivers sombres dans les régions nordiques peut intensifier les symptômes d'humeur saisonniers, indépendamment du contexte culturel.
Différences culturelles dans la reconnaissance des symptômes et les comportements de recherche d'aide
Pour les nouveaux arrivants provenant de pays à culture plus collectiviste, la détresse émotionnelle s'exprime souvent au sein de la famille et de la communauté plutôt que par la recherche d'un traitement clinique. Cela peut entraîner une sous-déclaration du TAS au sein des populations immigrantes, ce qui rend difficile la connaissance réelle de sa prévalence. Les nouveaux arrivants présents au Canada depuis moins de cinq ans peuvent être particulièrement vulnérables en raison de leurs réseaux sociaux limités, des barrières linguistiques, de la discrimination et de l'instabilité économique, qui ensemble réduisent les soutiens sociaux protecteurs durant les mois d'hiver.
Les nouveaux arrivants ont souvent recours à des stratégies informelles pour faire face à la détresse mentale, notamment le soutien familial, les pratiques religieuses ou les approches de guérison traditionnelles. Bien que ces stratégies puissent offrir un réconfort émotionnel, elles ne tiennent pas nécessairement compte des composantes biologiques et psychologiques du TAS, telles que la perturbation du rythme circadien et la privation de lumière. Cependant, de nombreux nouveaux arrivants ont recours à ces stratégies informelles en raison des multiples obstacles structurels qui entravent l'accès au traitement formel (méconnaissance du système de santé, accès limité aux services, barrières linguistiques, absence de soins culturellement appropriés, etc.).
Solutions
Des approches de santé publique telles que l'amélioration de l'accès à la luminothérapie, la sensibilisation aux symptômes du TAS et la mise en place de services culturellement et linguistiquement adaptés peuvent contribuer à atténuer ces risques. Il est également important d'offrir une éducation en matière de santé mentale, de sensibiliser à l'existence du TAS et de proposer des services dans la langue des personnes concernées afin de favoriser une meilleure reconnaissance de leurs symptômes. Les interventions communautaires, telles que les groupes de soutien par les pairs, peuvent contribuer à combler le fossé entre les immigrants et les services de santé mentale.
Comment les prestataires de services peuvent-ils aider ?
Pour les nouveaux arrivants au Canada, s'adapter aux changements climatiques représente un obstacle supplémentaire à une intégration réussie, qui peut ne pas être évident pour le personnel de première ligne. Il serait utile que les travailleurs en établissement informent les nouveaux arrivants sur le TAS (symptômes, options de traitement, façons d'en atténuer les effets) lorsqu'ils leur fournissent des renseignements pratiques sur la façon de se préparer aux hivers canadiens.
En général, la connaissance du TAS est faible. Par conséquent, au niveau des politiques, les approches de santé publique doivent accroître la sensibilisation aux symptômes afin de favoriser une reconnaissance précoce.
Pour les organismes d'établissement, une approche combinée visant à renforcer les soutiens sociaux et communautaires constituerait une mesure très concrète pour les nouveaux arrivants aux prises avec une détresse mentale. Offrir une éducation en santé mentale, des services dans la langue des personnes concernées et des groupes de soutien par les pairs peut contribuer à combler le fossé entre les nouveaux arrivants et les services de santé mentale.